Dormir pour performer

Par François Bieuzen, Physiologiste de l’exercice

61%. Savez-vous à quoi fait référence ce chiffre?

 

C’est la probabilité de réduire le risque de blessure chez des athlètes de haut niveau adolescents lorsque ceux-ci dorment en moyenne plus de 8 h par nuit la semaine. Ce chiffre issu d’une récente étude est impressionnant et montre à quel point le sommeil au quotidien est un enjeu pour la santé de l’athlète et par conséquent, ses performances. Est-ce une nouvelle information? Non ! Chacun de nous sait que dormir suffisamment d’un sommeil de qualité est nécessaire pour être performant. Le fait-on? Trop rarement malheureusement. Pourtant, pour beaucoup d’entre nous, ce ne serait pas si difficile si l’on remettait un peu d’ordre dans notre hygiène de vie quotidienne. S’assurer d’une chambre sombre, sans bruits, maintenue à une température de 18-19° C serait déjà une bonne base. Ajouter une régularité dans les heures de coucher et de lever (fin de semaine comprise) ainsi qu’une routine avant de s’endormir augmenteraient encore les chances de bien dormir. Enfin, limiter l’utilisation des écrans dans l’heure qui précède le coucher et y ajouter des filtres ou des lunettes filtrantes aurait très certainement un effet bénéfique supplémentaire sur la qualité du sommeil. À l’INS, une vigilance particulière est portée sur ces points. Régulièrement, nous offrons aux athlètes de l’Institut des rencontres d’information en groupe, des rendez-vous individuels ainsi que des évaluations objectives de leur sommeil afin de les sensibiliser et les accompagner dans leur parcours d’athlètes de haut niveau.

 

Mais aujourd’hui, nous ne nous arrêtons pas là. Si bien dormir est très important, être bien éveillé l’est tout autant. Puisque nos athlètes voyagent à travers le globe pour se rendre aux compétitions internationales, ils doivent faire face aux difficultés qu’induisent un voyage prolongé et le passage au travers de plusieurs fuseaux horaires. Afin de faciliter leur adaptation, nous mettons en place des stratégies individualisées dans le but de s’assurer de leur éveil maximal au moment des compétitions de la journée. Ainsi, pour l’équipe olympique de patinage de vitesse courte piste, nous avons profité des compétitions de Coupe du monde en Asie afin de mesurer les réponses de chacun des athlètes au voyage et au décalage horaire. Nous désirions répondre à des questions telles que : combien de temps ont-ils mis à s’adapter? Qui est plus ou moins sensible au décalage? etc. Pour ce faire, chaque athlète a porté une montre médicale mesurant son activité et son sommeil. Au retour, tout a été analysé et des stratégies ont été mises en place pour les Jeux olympiques. Ainsi, dans les jours qui précèdent le départ, les athlètes dormiront plus que d’habitude afin de se créer une « banque du sommeil ».

Cédrik Blais, athlète de patinage de vitesse courte piste, teste la montre médicale et les lunettes de soleil à l’intérieur!

Ensuite, ils emporteront des conseils individualisés pour le voyage et des équipements de luminothérapie ou, au contraire, des lunettes sombres qu’ils utiliseront dès leur arrivée, selon leur plan individualisé, afin d’augmenter les chances d’être éveillés en fin de journée lors des compétitions.

 

Ne soyez donc pas surpris de les voir porter des lunettes de soleil à l’intérieur à des heures inhabituelles. Ce n’est ni un caprice de star, ni une nouvelle mode, juste l’une des nombreuses stratégies que l’équipe met en place afin de ne rien laisser au hasard et augmenter la probabilité de gagner !

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