Le « down » et la transition post-Olympiques. Envisager la suite avec sérénité

Le « down » et la transition post-Olympiques. Envisager la suite avec sérénité.

Partie 1

Par Amélie Soulard, D.Ps.

Psychologue et préparatrice mentale à l’Institut national du sport du Québec

Les Jeux Olympiques et Paralympiques de PyeongChang se sont tenus récemment et le retour à la maison de nos athlètes a ravivé certains souvenirs, parfois douloureux, chez des athlètes déjà retraités depuis un bon moment, dont l’olympienne Sylvie Bernier. (Lisez son texte publié sur le site web de Radio-Canada ici).

Une remise en question et une confusion ne sont pas rares parmi les athlètes qui reviennent de grandes compétitions. On n’a qu’à penser à Michael Phelps, le plus grand médaillé olympique de tous les temps, qui mentionnait s’être enfermé dans sa chambre au retour des Jeux de Londres en 2012, ne voulant parler à personne. Il a avoué avoir vécu une dépression et pensé au suicide, cherchant réconfort dans la consommation d’alcool et de drogue, avant de finalement effectuer un retour à l’entraînement pour les Jeux de Rio en 2016.

Le phénomène de « down » post-Olympiques est largement rapporté par les athlètes. Les psychologues sportifs et consultants en préparation mentale qui les accompagnent ont aussi leurs propres anecdotes pour expliquer ce phénomène. Certains parlent de l’après-lune de miel, d’autres le compare à la dépression post-partum. Après la frénésie des Jeux, après la popularité, on retourne à l’anonymat. Plusieurs athlètes ont même vécu des difficultés financières, ont fait faillite après le retrait du financement ou des commanditaires, ce qui rend la poursuite de l’entraînement difficile et force parfois la fin de la carrière et le fait de devoir se trouver un emploi. De plus, l’atteinte de l’objectif que l’on entretenait depuis de nombreuses années laisse un vide jusqu’à ce que l’athlète se fixe un nouvel objectif ou s’investisse dans un nouveau projet.  Il y a aussi l’hypothèse hormonale. On dit que la période de congé d’entraînement après les Jeux amènerait une baisse d’endorphines ou une baisse drastique de l’adrénaline…

Chose certaine, malgré le nombre de propos anecdotiques, le phénomène est peu documenté de manière empirique. La majorité de la documentation scientifique portant sur la transition chez les athlètes est spécifique à la fin de la carrière. Pourtant, lorsqu’on parle de transition chez les athlètes, il faut comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement de la retraite de l’athlète. Au cours de sa carrière, l’athlètes va vivre plusieurs points tournants. À chacun de ces moments charnières comme, par exemple, le passage du niveau Junior au niveau Sénior, l’athlète doit passer à travers tout un processus d’adaptation.

L’adaptation, c’est en fait un ajustement face à la nouveauté et l’inconnu, une perte de repères familiers et de structure, de même que face à sa propre incompétence sociale. L’athlète, qui doit alors composer avec de nouveaux paramètres, doit apprendre de nouvelles réponses comportementales. L’adaptation implique aussi un changement au niveau de l’identité. On doit devenir quelqu’un d’autre, et ce n’est pas facile !

La partie 2 abordera le processus cyclique de l’adaptation et ses trois phases.

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