Partie 2 – Le « down » et la transition post-Olympiques. Envisager la suite avec sérénité

Le « down » et la transition post-Olympiques. Envisager la suite avec sérénité

Partie 2

Par Amélie Soulard, D.Ps.

Psychologue et préparatrice mentale à l’Institut National du Sport du Québec

 

Dans le sport comme dans la vie en général, on ne peut éviter les transitions. Il est donc essentiel de s’y adapter.

L’adaptation est un processus cyclique et comprend trois phases :

1)     L’achèvement : On n’est pas plus un athlète, mais on ne sait pas encore qui on veut devenir. Un sentiment de perte émerge alors chez l’athlète. Cette phase est marquée par la difficulté à se définir, la confusion, la remise en question des repères actuels. C’est une période de désorientation, de désenchantement, de désidentification ou de désengagement.

 

Quoi faire? :

À cette étape, il est important de se donner le droit de vivre ses émotions, la perte et la confusion. Cela peut être un bon moment pour faire un bilan et se réapproprier ses acquis et ses expériences.

 

2)     L’essentielle errance : Il s’agit de la période la plus difficile, car c’est une période de flottement, de vide et d’improductivité. On a envie de rien et on peut donc avoir tendance à s’isoler.  C’est une période d’introspection, de découverte de soi dans d’autres facettes que le sport. Alors qu’au début de cette phase, on est plutôt amorphe et apathique, au fur et à mesure que l’on chemine, l’énergie revient.

 

Quoi faire?:

Bien qu’il soit tout à fait normal d’être inconfortable dans ce flou, il faut le tolérer et se faire confiance. Il peut être utile, dans cette phase, d’être accompagné par un professionnel comme un psychologue ou un préparateur mental, ou encore un athlète-mentor.

 

3)     Le renouveau : La dernière phase du processus d’adaptation est propice à la création d’opportunités. On fait de la place pour les nouveaux projets qui émergent et l’on se fixe de nouveaux objectifs.

 

Quoi faire? :

Avec notre énergie renouvelée, c’est le temps de passer à l’action, d’oser, de planifier et d’avancer. Toutefois, il faut faire attention à la résurgence des vieux patterns : on pourrait avoir tendance à se réfugier dans notre zone de confort par peur de la nouveauté, du succès ou de l’échec.

On peut faciliter notre passage d’une phase à l’autre du processus d’adaptation en développant une vision à long terme afin de mieux prévoir les transitions possibles. On peut aussi développer une mission personnelle de « redonner au suivant », en s’impliquant dans notre communauté ou en mentorant des athlètes plus jeunes, comme l’ont fait Charles Hamelin et Marianne St-Gelais envers Samuel Girard et Kim Boutin à PyeongChang par exemple.

Le milieu sportif est souvent un monde d’extrême où tout est blanc ou noir. Pourtant, entre les deux, il y a toute une gamme de gris. La transition ne se résume pas uniquement à la perte de statut.  Nuancer et mettre en perspective, voir le bon tout comme le moins bon côté du fait de s’arrêter ou de poursuivre peut favoriser une transition plus sereine.

 

Il faut aussi se rappeler que la compétition de haut niveau permet de développer plusieurs compétences transférables dans le monde du travail: capacité à gérer son stress et à performer sous pression, discipline et rigueur, leadership, etc. Il est donc important de faire un bilan des apprentissages à la suite des compétitions et ce, peu importe les résultats obtenus, afin de faciliter l’intégration des acquis tout au long de la carrière.

En ayant une meilleure connaissance du phénomène du down « post-olympique », ou simplement du processus d’adaptation lors de la transition de carrière ou de la retraite sportive, de même qu’en appliquant ces quelques recommandations, on peut vivre ces transitions avec un peu plus de sérénité.

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