Le rôle du physiologiste dans les semaines avant Rio

Par Myriam Paquette, Physiologiste de l’exercice et candidate au doctorat

 

J’ai eu la chance d’accompagner l’équipe canadienne de para-natation en tant que physiologiste de l’exercice dans leurs camps de préparation aux Jeux paralympiques de Rio.

Nous étions deux physiologistes avec l’équipe pendant ces semaines d’entraînement cruciales.

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L’équipe canadienne de para-natation

 

À l’approche d’une compétition importante, le rôle du physiologiste est de suivre l’état de forme et de performance des athlètes, de gérer la charge d’entraînement en collaboration avec les entraîneurs, de maximiser la récupération entre les séances et de travailler avec l’athlète et l’entraîneur à l’optimisation de leur protocole d’activation.

 

Suivi de l’état de forme et de la performance des athlètes

À tous les jours, le physiologiste recueille une foule d’informations sur l’état des athlètes. Certaines de ces informations sont subjectives (niveau de stress, fatigue, courbatures, etc. perçus par les athlètes) et d’autres sont objectives (niveau d’hydratation, variabilité cardiaque, etc.). À partir de ces informations, le physiologiste recommande à l’entraîneur les changements à apporter à l’entraînement prévu.

Pour orienter les contenus d’entraînement, le physiologiste fait également des tests où il évalue la réponse physiologique à un effort et la performance. Ainsi, suivre l’évolution de la fréquence cardiaque et de la concentration de lactate sanguin pour des vitesses données donne une foule d’information sur l’évolution des qualités physiologiques de l’athlète et sur son niveau de fatigue.

 

Vérifier l’intensité de l’entraînement

Alors que certaines séances d’entraînement doivent être faites à intensité maximale, d’autres doivent se faire à une intensité faible, pour permettre à l’athlète de récupérer et ne pas nuire aux prochaines séances intensives. Pendant l’entraînement, le physiologiste s’assure donc que l’intensité adoptée par l’athlète est la bonne, en recueillant des données comme la perception d’effort, la fréquence cardiaque ou la concentration de lactate sanguin. Cela permettra à l’entraîneur d’intervenir si l’intensité adoptée par l’athlète n’est pas appropriée et d’éviter une accumulation inutile de fatigue, ou encore un stimulus d’entraînement sous-optimal.

 

Maximiser la récupération

À l’approche d’une compétition, optimiser la récupération devient une priorité, alors qu’on cherche à maximiser la forme des athlètes tout en minimisant leur fatigue. Le physiologiste propose donc un protocole de récupération appropriée aux objectifs et au contexte. Il s’agit de cibler les bonnes méthodes (retour au calme, bain froid, compression, massage, etc.) et le meilleur moment pour les utiliser.

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Camille Bérubé en train de récupérer

 

Optimisation du protocole d’activation

Dans tous les sports, la qualité de l’activation réalisée avant la course ou l’épreuve est déterminante. Le physiologiste, en collaboration avec le préparateur physique et d’autres spécialistes comme les physiothérapeutes ou les massothérapeutes, travaillent étroitement avec les entraîneurs et les athlètes pour optimiser leur protocole d’activation. Un bon échauffement doit permettre d’élever la température musculaire, d’activer le métabolisme et de potentialiser la puissance musculaire. En natation, le défi est de respecter ces règles de l’activation dans un contexte où l’athlète doit sortir de l’eau en moyenne 45 minutes avant son épreuve pour enfiler son maillot de compétition et arriver à temps dans la chambre d’appel. Le physiologiste a donc souvent le rôle d’aider l’athlète à optimiser sa routine d’activation, tout en y intégrant les aspects physiques, nutritionnels et psychologiques.

 

Côtoyer les athlètes, entraîneurs et autres spécialistes

Comme physiologiste, l’avantage d’être présent à un camp de préparation à une compétition est d’assister à tous les entraînements et de côtoyer les athlètes, les entraîneurs et les autres spécialistes qui travaillent avec l’équipe. Ces moments sont indispensables pour bien comprendre les exigences, mais aussi les us et coutumes de chaque sport et travailler de façon plus efficace avec eux.

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Myriam au travail

 

À propos des Sciences du sport à l’INS Québec

Aux Jeux Olympiques et paralympiques, des différences minimes séparent les médaillés des autres compétiteurs. Tous les détails sont importants à l’entraînement. Ainsi, les athlètes doivent disposer des dernières avancées scientifiques et technologiques afin de produire les meilleures performances.

La recherche et l’innovation sont au cœur de la mission de l’INS Québec. Pour être performant, il faut associer les connaissances scientifiques issues de la recherche et l’innovation à l’expérience auprès des athlètes de haut niveau. Les meilleurs services doivent être soutenus par des partenariats avec des unités de recherche, des sociétés, et des chercheurs en utilisant les dernières avancées technologiques. Lire plus…

 

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