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Le perfectionnement au coeur de la profession : entretien avec quatre entraîneurs(es) du Diplôme avancé en entraînement

18 septembre 2021
Le perfectionnement au coeur de la profession : entretien avec quatre entraîneurs(es) du Diplôme avancé en entraînement

LE PERFECTIONNEMENT AU COEUR DE LA PROFESSION

Entretien avec quatre entraîneurs(es) du Diplôme avancé en entraînement

Dans le cadre de la Semaine nationale des entraîneurs du 18 au 26 septembre 2021, l’INS Québec veut souligner le travail remarquable des entraîneur.e.s qui travaillent sans relâche pour optimiser la performance des athlètes afin qu’ils atteignent leurs objectifs. Découvrez le parcours de quatre entraîneur.e.s inspirant.e.s qui nous partagent leur passion pour leur profession. Poursuivant leur perfectionnement avec le Diplôme avancé en entraînement (DAE) offert par l’INS Québec, en collaboration avec l’Association canadienne des entraîneurs (ACE) et le Réseau des instituts du sport olympique et paralympique du Canada, ils nous font part de leur philosophie d’entraînement, leurs défis personnels, leurs motivations et leur clé du succès pour être un bon entraîneur.

Isabelle Leclaire | DAE 2016

Entraîneure-chef
Hockey féminin
Carabins de l’Université de Montréal

Pourquoi as-tu décidé de t’inscrire au DAE?

« J’avais quatre ans d’expérience dans mon poste d’entraîneure-chef lorsque je me suis inscrite en 2013 et nous venions de remporter notre premier titre canadien en seulement quatre année d’existence. Je savais qu’il fallait que je m’améliore et que je change à ce moment-là pour continuer à avoir du succès. Défendre un titre, rester au sommet, ça ne fait pas partie de ma philosophie. Je voulais aller plus loin personnellement pour aider notre équipe à aller plus loin. »

Étant diplômée du DAE, pourquoi avoir montré de l’intérêt de suivre à nouveau des cours de ce diplôme?
« Un peu pour les mêmes raisons qu’en 2013 lorsque je me suis inscrite au DAE.  Je sentais que j’avais atteint un certain niveau et que je devais me remettre à jour. La pandémie m’a permis de prendre une pause, de lire beaucoup et me remettre à nouveau en question certaines notions. Je souhaitais voir si de nouvelles choses pouvaient m’aider à continuer à m’améliorer. J’ai fait des expériences et j’avais besoin de vérifier où j’en étais par rapport aux avancées en 2021. Être un bon entraîneur et être au service de ses athlètes c’est pour moi se tenir à jour, se remettre en question, échanger avec d’autres entraîneurs, essayer de nouvelles choses et aller chercher de l’information à jour. »

Partage-nous un aspect important pour toi qui est au cœur de ta philosophie d’entraînement?

« Je crois en l’importance de créer un environnement d’entraînement permettant le développement de l’autonomie de l’athlète et l’adaptation à des situations variées et multiples. J’utilise les principes de la pédagogie non-linéaire ainsi que le modèle d’entraînement à la prise de décisions. Je crois en la théorie de l’auto-détermination qui veut que l’on doit répondre aux besoins d’autonomie, d’appartenance et au sentiment de compétence. Je tente, par ma façon de communiquer, de répondre à ces trois besoins. Je crois en l’importance de créer un environnement où le plaisir est présent. »

Mike Thompson | DAE en cours - 2e année

Entraîneur-chef
Paranatation
Équipe nationale

Que dis-tu à tes athlètes pour optimiser leur motivation?

« J’essaie de renforcer l’esprit d’équipe de mes athlètes pour qu’ils s’entraînent en « équipe », même s’il s’agit d’un sport individuel. Il y a une grande force et synergie qui se créent dans un groupe et les athlètes se sentent plus forts et confiants en sachant qu’il y a des gens derrière eux qui les soutiennent. Je préfère ne pas imposer de mesures spécifiques dans mon groupe. »

Comment amènes-tu tes athlètes à essayer de nouvelles techniques? À faire confiance au processus en lien avec leur progression?

« J’ai eu une période très difficile avec cela en 2015, notamment lorsque nous avons formé le groupe. De nouveaux athlètes se dirigeaient vers une année paralympique et cela n’avait pas beaucoup de sens d’apporter de nombreux changements à ce moment-là. Au fil du temps, nous avons été en mesure de recruter plus d’athlètes qui étaient prêts à travailler sur les petits détails pour améliorer leur performance. Je crois qu’il y a encore beaucoup trop de nageurs qui se fient sur  leur « travail sans relâche » et leur « sensation dans l’eau » comme principales mesures de performance. Notre sport peut aller beaucoup plus loin à cet égard. Souvent, je ne laisse pas le choix à nos athlètes d’essayer de nouvelles techniques; j’essaie toutefois de les rendre aussi agréables que possible. J’essaie également de leur faire part des résultats ou des informations pertinentes qui leur permettraient une meilleure compréhension du pourquoi de l’application de ces nouvelles techniques. Aucune personne n’exécute quelque chose qu’elle ne veut pas faire. La question est la suivante : Comment s’y prendre pour amener les athlètes qui sont passionnés par leur sport à faire tout ce qui est nécessaire pour qu’ils deviennent les meilleurs au monde? ».

Raconte-nous un moment qui t’as marqué en tant qu’entraîneur?

« Apporter mon aide et support à Benoit Huot à Rio en 2016 afin qu’il puisse remporter sa médaille de bronze contre vents et marées. Ceci a été l’un de mes moments préférés en tant qu’entraîneur. Travailler également auprès de Tess Routliffe au niveau de son rétablissement de sa grave blessure et mettre le « focus » sur 2023 est très excitant. Je crois que ce sera les trois meilleures années de ma carrière en tant qu’entraîneur. »

Anic Bellerose-Daneault | DAE en cours - 2e année

Entraîneure sport-études et Chef de secteur
Gymnastique
Club Uni gym Gatineau

Comment concilies-tu famille, travail et perfectionnement professionnel?

« Pour être bien honnête, je dirais que ça n’a pas été toujours facile. J’ai actuellement trois enfants en bas de quatre ans qui me demandent énormément de temps. Par contre, lorsque je m’installe devant mon ordinateur à chaque mardi matin pour les cours, cela me permet de décrocher de mon rôle de maman et de me replonger dans ma passion : le sport. Cela me motive d’échanger avec d’autres entraîneurs et cela me permet de me développer autant comme entraîneure que comme personne. J’ai réussi à passer au travers de la première année avec l’aide de mon mentor et le support de mes collègues du DAE. Mon mari m’encourage également beaucoup dans ma formation professionnelle étant lui même un entraîneur de hockey et un passionné du sport. Je suis très chanceus, car je travaille dans un club ou la conciliation travail-famille est une priorité. Malgré mon horaire chargée et ma réalité d’entraîneure, nous réussissons à bien s’organiser et cela est en grande partie grâce au support de mes employeurs. »

Que dirais-tu à quelqu’un qui envisage s’inscrire au DAE?

« Le DAE est un grand enrichissement pour chaque entraîneur qui y participe. On apprend sur le sport, sur la technique, les blessures, la nutrition et plusieurs autres aspects, mais surtout sur nous-même. Les intervenants sont motivants et surtout très intéressants et leur approche nous permet de se questionner sur notre « coaching » pour s’améliorer. C’est un investissement qui en vaut vraiment le coup et qui nous restera tout au long de notre carrière. »

Qu’est-ce qu’un bon entraîneur pour toi?

«Un bon entraîneur pour moi, c’est quelqu’un qui met l’athlète en priorité. Un entraîneur est là pour accompagner l’athlète durant sa carrière dans les bons comme les mauvais moments. Il est à l’écoute de ses objectifs, de ses besoins et de ses désirs. L’entraîneur doit amener l’athlète à se dépasser, à surmonter ses peurs et surtout à développer ses habiletés au meilleur de son potentiel. Un entraîneur doit avoir un lien spécial avec ses athlètes s’il veut que ceux-ci performent au maximum de leur capacité. Un entraîneur passionné ne compte pas ses heures et est toujours prêt à apprendre de nouvelles choses pour être encore meilleur. »

Francis Bachand | DAE 2019

Fondateur et Entraîneur-chef de Capitale Triathlon – Capitale Natation
Fondateur et Directeur de course de Triathlon Duchesnay
Triathlon

Comment comparerais-tu ta façon d’entraîner entre tes premières années en tant qu’entraîneur et aujourd’hui?

« L’écoute des besoins de l’athlète est aujourd’hui plus grande. Je ne crois plus du tout à la formule gagnante universelle. Chaque athlète à ses propres besoins et suivra son propre développement. La capacité d’écoute et d’adaptation de l’entraîneur sont des piliers centraux. »

Partage-nous une particularité de ton sport au niveau de l’entraînement?

« Le ralentissement du développement de l’athlète en triathlon est selon moi l’enjeux le plus important des prochaines années. Le triathlon est un sport à développement tardif, les habiletés doivent s’acquérir progressivement. Des bases solides permettront d’éviter les blessures. Le juste dosage de la quantité d’entraînement permettra également de maintenir l’athlète motivé longtemps. Enfin, le ralentissement de la progression assurera une pointe à un âge logique et mature. »

Quelle est la clé du succès dans le sport à ton avis?

« La clef de la longévité dans le sport est simple; contrôler sa motivation en s’assurant l’équilibre parfait entre le plaisir et le dépassement. »